Francis et ses peintres : La Genèse
Pour cette nouvelle aventure François Ripoche (aka Francis Ripolin) s’est entouré de trois complices de longue date : Fred Chiffoleau à la basse, Christophe Lavergne à la batterie et Gilles Coronado à la guitare.
Bien qu’appartenant d’abord à l’univers du jazz, ils ont tous en commun le fait de travailler également avec des chanteurs de pop et de rock. Ces expériences diverses ont donné envie à François de confronter ces différents genres dans ce qu’ils ont de meilleur. Côté pop/rock : le son organique, la solidité de la rythmique, la force des mélodies, côté jazz : l’improvisation , les polyrythmies, la richesse des timbres.
Le premier album, intitulé « La Paloma », est sorti en avril 2008 sur le label Yolk. Enregistré au Fuzz’Yon et au Pannonica dans les conditions du live, avec le concours d’Olivier Ménard à la prise de son et au mixage, il bénéficie également de la participation de Katerine sur certains titres. Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen a beaucoup aimé l’album : lire sa chronique …
Quelques mots de François sur ce nouveau projet
Après «Out of the Blue», qui était un projet orienté électronique, j’ai souhaité revenir au saxophone en créant un groupe acoustique, sans pour autant m’en tenir à une forme «classique» de jazz. Trouver une combinaison autour de la chanson, ne serait-ce que pour le format ou la rythmique, c’est l’idée que j’avais en tête avant de commencer. Je me suis donc entouré de gens qui ne jouent pas uniquement du jazz et qui peuvent donc partager cet état d’esprit. Gilles Coronado a joué avec Fred Poulet et Jeanne Balibar, Christophe Lavergne avec Hélena Noguerra, Fred Chiffoleau avec Anna Karina. Techniquement, ce sont des musiciens très forts mais ils prennent également beaucoup de plaisir à jouer des choses simples.
J’avais également envie d’un son assez brut. C’est peut-être en réaction à une sorte de perfection actuelle dans la prise de son : avec l’informatique, toutes les impuretés sont gommées, et la réverbération donne parfois un côté trop lisse à la musique. À l’inverse, Gilles Coronado a un son plutôt rock que j’aime beaucoup. Je voulais conserver cette couleur sur le disque et la retrouver sur scène.
L’idée centrale, c’est de s’emparer des formes de musique populaires pour y glisser notre grain de sel, un peu comme le font aujourd’hui Marc Ribot ou Sexmob, et comme l’ont fait hier nombre de jazzmen. Partir d’éléments familiers pour le public afin de l’amener vers autre chose, voilà ce qui nous plaît. Concrètement, il s’agit par exemple de modifier la rythmique, d’introduire des mesures impaires et de ne pas se limiter aux mesures à quatre temps ou à deux temps. Harmoniquement, c’est s’éloigner des schémas traditionnels pour introduire plus de tension. Mais cette déconstruction réclame beaucoup de subtilité pour fonctionner, et ne pas s’égarer dans la parodie, que ce soit pour les compositions originales ou pour les reprises.
Je travaille avec Katerine, depuis plus de dix ans, nous avons participé à différents projets ensemble, dont un duo improvisé, lui aux paroles et moi aux machines. Je suis un fan du chanteur (pourtant vendéen !) spécialement lorsqu’il interprète les ballades. Le choix des chansons sur cet album n’est pas de l’humour, du second degré, par exemple lorsque nous reprenons « Le douanier Rousseau » avec Katerine, c’est parce que Philippe aime réellement cette chanson. Quant aux mélodies de « L’idole des jeunes » ou de « Capri c’est fini », je les trouve tout simplement superbes.

