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«La Paloma» vu par Les Dernières Nouvelles du Jazz

Les Dernières Nouvelles du Jazz – jeudi 15 mai 2008, par Tristan Loriaut

Mais où est passé Francis ? On le cherche partout, vous l’avez croisé ? Rires incontrôlés lorsque l’on s’aperçoit qu’il s’agit tout simplement du pseudonyme du leader de cet atypique collectif. Inutile d’expliquer que Francis Ripolin doit son nom à un produit si cher aux peintres du bâtiment. Il est en fait question du saxophoniste François Ripoche qui s’est entouré de Gilles Coronado à la guitare électrique, Christophe Lavergne à la batterie et Fred Chiffolleau à la contrebasse. Pour un second album plus acoustique dans l’instrumentation, il faut noter aussi l’aimable participation du chanteur trublion Philippe Katerine. Cette sulfureuse équipe de joyeux lurons se devaient d’introduire farouchement ce disque par une sorte de tango, « La Paloma », libéré de toutes traditions castratrices. Plusieurs ingrédients rehaussent la sauce épicée de cette tambouille avec par exemple des rythmiques bissextiles, un timbre acidifié d’une guitare déjantée, un saxophone fou de bruitages. Par la suite, impossible de rater l’enfantine revisite des tubes interplanétaires de la variété que sont « Capri c’est fini » d’Hervé Vilard ou encore « L’idole des jeunes » de Johnny, avec l’incontournable féminité décalée de la voix de Katerine. Décidément, personne ne se prend au sérieux d’un bout à l’autre du disque, ce qui oblige l’oreille à rester attentive aux blagues qui se suivent et ne se ressemblent pas. En témoigne l’immense interaction entre les protagonistes lors du remarquable « I touch, I break, I pay ». A noter aussi l’incontrôlable déhanchement que provoque un des morceaux portant si bien le nom de « Oliver Twist ».

Transporté par cette dangereuse folie musicale qui s’empare sans vergogne des styles de Musique populaire comme le Funk ou la Bossa-nova, il est inévitable d’être touché à vif par le talent énorme qui émane de chaque instrumentiste, dédiant chacun leur personnalité à l’homogénéité du groupe. Si l’analyse osait être approfondie, en dépit du résultat final, il s’agirait de remarquer l’héritage jazzistique du saxophoniste qu’il s’amuse à décortiquer, de trouver la subtile utilisation percussive de tous les bruits que peut offrir une batterie, d’être frappé par l’électrique étrangeté des effets soumis au son de la guitare. Mais comment définir l’indéfinissable avec de simples mots. Ce projet devient génialissime à travers une autre reprise, « Le Douanier Rousseau », emplie une nouvelle fois de second degré par la voix bucolique de Katerine. Cette constante plaisanterie développe sa fabuleuse envergure à travers le coté brut du son, comme un peintre userait des matières premières que sont les couleurs dont il dispose. En d’autres termes, l’absence du souci de l’apparence laisse place à un humour pittoresque redoutable. Ce collectif déjanté est à découvrir avec l’urgence de la créativité que la scène demande à ceux qui la foule.

    • #francis et ses peintres
    • #revue de presse
  • Il y a 4 ans
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Saxophoniste, bricoleur (claviers , batterie , électronique ) et jazzman, François Ripoche vous invite à suivre ses diverses aventures musicales et artistiques : Francis et ses Peintres, Francis et ses Peintres + Katerine, Les trous d'air avec Irène Jacob, les ciné-concerts...

Francis et ses Peintres

Depuis 2008, entouré de Fred Chiffoleau (basse), Christophe Lavergne (batterie) et Gilles Coronado (guitare), François Ripoche s'empare des différentes formes de musiques populaires mais en s'éloignant des schémas harmoniques et rythmiques qui leurs sont habituellement associés. Résultat : une relecture savoureuse et subtile, loin de toute ironie.

Francis et ses Peintres + Katerine : les reprises

Complices de longue date, François et Katerine, ainsi que les Peintres, se sont associés pour un hommage vibrant et décalé à la chanson française. Chaque semaine de l'année 2010, ils ont sorti une reprise (à écouter ici). Ce projet a donné lieu à une tournée qui se poursuit actuellement, ainsi qu'à une création avec le cabaret New Burlesque.

Les trous d'air avec Irène Jacob

Ce spectacle sur des textes et des chansons partiellement inédits de Roland Topor sera créé début 2012. Il s'agit d'un ensemble de saynètes et de chansons autour de la perturbation, ensemble que Topor présentait ainsi : «Attention, avertissons les passagers qu’ils viennent d’entrer dans une zone de turbulences qui risque de les projeter sans ménagement d’un trou dans un autre, y compris celui de la sécurité sociale.»

Ciné-concerts

Rencontre entre le septième art et la musique vivante : il ne s’agit pas de proposer une simple illustration ou une seule mise en musique, mais de créer un nouvel espace de dialogue et de proposer une interprétation personnelle d’un film.

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