«La Paloma» vu par Jazz Magazine
Jazz Magazine – N°593 (juin 2008), par Mathieu Durand
Le saxophoniste François Ripoche, dit Francis Ripolin, est allé débaucher des artistes mi-grand œuvre mi-bâtiment pour colorier ses compositions déjà bien ébauchées. Il a ainsi cueilli trois musiciens prêts à en découdre avec tous les styles, du jazz à la chanson, trois pieds et mains nickelés, habitués des formations tangentielles à vent et à vapeur. À cette joyeuse bande réunie, il manquait un maître de chant(ier), un zozo coutumier des rencontres bariolées et du fricotage avec le jazz : Katerine. Le résultat ? Huit compositions qui dépotent à l’image d’un Oliver Twist fidèle à son nom. Entre Jim Black et Steve Coleman, Francis et sa bande parviennent à jouer comme chacun dans son coin, chacun dans son style, tout en offrant un alliage des plus fermes. Aussi à l’aise sur le jazz-rock (Bobo land) que sur les ballades sensuelles (Dimanche soir), la guitare et le saxophone se complètent à merveille, admirablement soutenues par une paire rythmique menée d’une baguette de fer. Cerise sur le tableau : quatre reprises dont trois surprises chantées où l’invité impose son flow nonchalant : si les arrangements sont plus classiques que ceux d’un Malik sur « 13 XP Song’s Book », ils ne manquent pas de trouvailles rythmiques (Le Douanier Rousseau).
Disque qui ne se prend pas au sérieux tout en maîtrisant son sujet, la « Paloma » vaut le détour, et plutôt deux fois qu’une !

